L’information collaborative sur le net
Et si on parlait de ces blogs dans lesquels le dernier quidam venu peut se permettre de diffuser des éditos-informations, quelquefois écrits-rumeurs aux limites de la désinformation, sinon de la diffamation. Ou de ces « sites » Internet modifiables par le premier « fustigeur » assez audacieux pour réécrire l’histoire.
Une étude intéressante a été menée par 5 étudiants du master de journalisme de l’Institut d’études politiques de Paris (voir les conclusions de cette enquête) sur la célèbre encyclopédie en ligne Wikipédia (www.wikipedia.fr).
On pourrait résumer les résultats de leur étude ainsi :
- articles souvent écrits ou corrigés avec un objectif d’autopromotion,
- les experts, les vrais spécialistes ne souhaitent plus ni écrire sur ce site : leurs articles sont tronqués ou modifiés, ni le consulter en raison de son manque de fiabilité
- l’information n’est pas hiérarchisée selon son importance (l’article sur l’émission « La nouvelle star » est plus exhaustif que celui sur Jacques Delors !),
- les corrections sont rares sur les articles les moins consultés et donc, des erreurs peuvent rester en ligne… un certain temps.
Toujours en cause, Wikipédia. Deux responsables politiques de l’Hérault ont dénoncé la mise en ligne de propos diffamatoires à leur encontre : voir l’article sur 01net. Là aussi, il est fait état du « flou juridique » entourant la publication en ligne. Il est grand temps que le législateur s’empare de ce dossier qui, à n’en pas douter, va s’alourdir en vue des échéances électorales qui s’annoncent début 2008.
Par contre, le Tribunal de Paris a donné raison à Wikipédia dans une affaire où trois hommes avaient porté plainte pour diffamation et atteinte à la vie privée. Le tribunal a jugé que la responsabilité de Wikipédia n’apparaissait pas avec évidence et que la notification des contenus incriminés devait se faire suivant une forme précise. C’est la forme qui a pris le dessus sur le fond. Voir l’article dans Agoravox.
Comme il est rappelé dans cet article de 01net, le problème est celui de la liberté et du difficile équilibre à trouver, à juger entre liberté d’expression et liberté individuelle. Ce genre de site laisse effectivement un libre accès aux contributeurs : c’est le principe du travail collaboratif en ligne. Force est de constater que parfois l’égo l’emporte sur les facultés à connaître ses limites. Ou bien, profitant du vide juridique, certains en profitent pour régler leurs comptes en toute impunité. Ainsi tout le monde peut devenir écrivain, journaliste, éditeur et être lu par des centaines d’internautes. Etre lu ? Oui. Mais pas totalement reconnu, puisque les contributeurs sont la plupart du temps cachés derrière des pseudos abscons.
Quelle est alors la validité et l’exactitude des informations diffusées ? Qu’en est-il du « droit de réponse » ?
« Le pire danger qu’il y a à tromper autrui, c’est qu’on finit par se tromper soi-même. »
Alain Bonnet