Diffamations, insultes, atteintes à la vie privée, sont monnaie courante sur le net. Ces « dérives » peuvent avoir des conséquences non négligeables dans la vie professionnelle ou privée. Blogs, forums, plateformes communautaires sont autant de fenêtres où votre réputation peut être mise à mal : vengeance d’un ancien salarié, concurrent exaspéré par votre succès,… et tout ce qui a trait à la vie privée…
Expérience personnelle
Ainsi, récemment, mon nom et celui de la société que je dirige, se sont retrouvés sur un média du net. Il était prétendu que j’étais ami avec telle et telle personne : atteinte à la vie privée. En ce qui concerne Prodiris, des informations internes et des expressions dénigrantes eu égard aux panels de prestations que Prodiris propose, étaient étalées au grand jour. J’ai contacté par mail le responsable éditorial de cette plateforme en énumérant les phrases qui ne me semblaient pas correctes tant au niveau privé que professionnel. La réponse a été très rapide : 2 jours. Après un contact téléphonique, les phrases incriminées ont été retirées et l’auteur de ces propos en a été averti. J’ai pu parler directement au responsable éditorial qui a entendu ma demande, soucieux de proposer sur le média dont il a la charge des informations en rapport avec le sujet et non de nuisibles digressions. Attitude responsable que l’on aimerait retrouver plus souvent.
Il ne faut jamais hésiter à utiliser les moyens normalement mis à disposition sur ces sites : « signaler un abus », « alerter les modérateurs », etc.
Quel droit appliquer aux écrits du web ?
C’est le droit de la presse qui s’applique à Internet. Ainsi, si une procédure « à l’amiable » ne peut être trouvée, on peut engager des recours en cas de diffamation, d’injure ou d’incitation à la haine raciale. Mais on ne peut pas interdire un site de publier des informations vous concernant du moment que votre vie privée est respectée. En ce qui concerne les sociétés, bien évidemment, les informations à usage interne ne doivent pas apparaître sur de tels sites. Une information auprès de tous les partenaires (associés, salariés, etc) doit être menée pour les sensibiliser à un devoir de discrétion.
Est-ce que les sites communautaires respectent la vie privée ?
Si vous prenez le plus célèbre d’entre eux, Facebook, à partir du moment où vous acceptez les conditions lors de l’inscription, vous acceptez l’hébergement et la diffusion d’informations d’ordre privé. Ce site étant considéré comme simple hébergeur, c’est l’internaute qui écrit qui est seul responsable.
Nouvelle activité : nettoyer le net
Ce phénomène a pris une telle ampleur que des sociétés se sont spécialisées dans la traque et le retrait de telles pages internet. Elles proposent diverses solutions : suppression de pages en agissant auprès de l’auteur ou de l’hébergeur, création de contenu pour « noyer » les pages gênantes,… Saisissez « réputation » dans un moteur de recherche, vous verrez…
Courageux anonymes
En fait, le gros problème est que toutes ces atteintes à votre réputation en ligne se font le plus souvent sous le couvert de l’anonymat. Rares en effet sont les contributeurs qui signent de leur vrai nom. Courageux, certes, mais pas téméraires ! Il serait donc bien que le législateur, après s’être attaqué au téléchargement illicite, se penche sur ce problème et impose que les signataires de textes écrivent à visage découvert.
Avouons qu’il est assez savoureux de retrouver son nom écrit sur un site par une personne qui se cache derrière un « pseudo ». Cocasse, non ?
Alain Bonnet
A lire : un article sur le Journal du Net « Défendre son e-réputation grâce au droit pénal ». Il fait un tour complet du chantage, de la diffamation, de l’usurpation d’identité, de l’atteinte à la vie privée au regard des lois du Code Pénal.
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