Archive pour la catégorie ‘Humeur’

Le web, pas toujours très net

Mercredi 20 janvier 2010

Diffamations, insultes, atteintes à la vie privée, sont monnaie courante sur le net. Ces « dérives » peuvent avoir des conséquences non négligeables dans la vie professionnelle ou privée. Blogs, forums, plateformes communautaires sont autant de fenêtres où votre réputation peut être mise à mal : vengeance d’un ancien salarié, concurrent exaspéré par votre succès,… et tout ce qui a trait à la vie privée…

Expérience personnelle

Ainsi, récemment, mon nom et celui de la société que je dirige, se sont retrouvés sur un média du net. Il était prétendu que j’étais ami avec telle et telle personne : atteinte à la vie privée. En ce qui concerne Prodiris, des informations internes et des expressions dénigrantes eu égard aux panels de prestations que Prodiris propose, étaient étalées au grand jour. J’ai contacté par mail le responsable éditorial de cette plateforme en énumérant les phrases qui ne me semblaient pas correctes tant au niveau privé que professionnel. La réponse a été très rapide : 2 jours. Après un contact téléphonique, les phrases incriminées ont été retirées et l’auteur de ces propos en a été averti. J’ai pu parler directement au responsable éditorial qui a entendu ma demande, soucieux de proposer sur le média dont il a la charge des informations en rapport avec le sujet et non de nuisibles digressions. Attitude responsable que l’on aimerait retrouver plus souvent.

Il ne faut jamais hésiter à utiliser les moyens normalement mis à disposition sur ces sites : « signaler un abus », « alerter les modérateurs », etc.

Quel droit appliquer aux écrits du web ?

C’est le droit de la presse qui s’applique à Internet. Ainsi, si une procédure « à l’amiable » ne peut être trouvée, on peut engager des recours en cas de diffamation, d’injure ou d’incitation à la haine raciale. Mais on ne peut pas interdire un site de publier des informations vous concernant du moment que votre vie privée est respectée. En ce qui concerne les sociétés, bien évidemment, les informations à usage interne ne doivent pas apparaître sur de tels sites. Une information auprès de tous les partenaires (associés, salariés, etc) doit être menée pour les sensibiliser à un devoir de discrétion.

Est-ce que les sites communautaires respectent la vie privée ?

Si vous prenez le plus célèbre d’entre eux, Facebook, à partir du moment où vous acceptez les conditions lors de l’inscription, vous acceptez l’hébergement et la diffusion d’informations d’ordre privé. Ce site étant considéré comme simple hébergeur, c’est l’internaute qui écrit qui est seul responsable.

Nouvelle activité : nettoyer le net

Ce phénomène a pris une telle ampleur que des sociétés se sont spécialisées dans la traque et le retrait de telles pages internet. Elles proposent diverses solutions : suppression de pages en agissant auprès de l’auteur ou de l’hébergeur, création de contenu pour « noyer » les pages gênantes,… Saisissez « réputation » dans un moteur de recherche, vous verrez…

Courageux anonymes

En fait, le gros problème est que toutes ces atteintes à votre réputation en ligne se font le plus souvent sous le couvert de l’anonymat. Rares en effet sont les contributeurs qui signent de leur vrai nom. Courageux, certes, mais pas téméraires ! Il serait donc bien que le législateur, après s’être attaqué au téléchargement illicite, se penche sur ce problème et impose que les signataires de textes écrivent à visage découvert.

Avouons qu’il est assez savoureux de retrouver son nom écrit sur un site par une personne qui se cache derrière un « pseudo ». Cocasse, non ?

Alain Bonnet

A lire : un article sur le Journal du Net « Défendre son e-réputation grâce au droit pénal ». Il fait un tour complet du chantage, de la diffamation, de l’usurpation d’identité, de l’atteinte à la vie privée au regard des lois du Code Pénal.

Chirurgie esthétique numérique

Mercredi 25 novembre 2009

Après « Mangez cinq fruits et légumes par jour », après « Fumer tue », après « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé », nous risquons de voir apparaître sur certaines publicités « Photographie retouchée afin de modifier l’apparence corporelle d’une personne ».

C’est ce qu’impose une loi visant à combattre l’incitation à l’anorexie.

On le sait, la publicité est faite pour vendre. A ce titre, elle amplifie parfois les résultats ou les effets afin que qu’elle soit plus probante.

Ce n’est pas un fait nouveau. Les peintres des siècles passés, bien avant que la photographie existe, ont livré de leurs modèles célèbres ou pas LEUR vision. Plus récemment, est-ce que la traditionnelle photographie du Président de la République qui trône (normalement) dans tous les hôtels de ville n’est-elle pas probablement retouchée ?

Que dire alors du photographe qui va choisir le placement, l’intensité et la couleur des éclairages pour gommer certains défauts. Il est vrai que la photographie numérique a facilité les opérations de retouche et que l’esthétique l’emporte sur l’éthique.

Mais alors, lors de la diffusion d’une émission de télévision, ne devrait-il pas y en avoir un avertissement indiquant que le présentateur est (outrageusement) maquillé et qu’il parle avec une oreillette cachée sous sa chevelure ? Ce sont aussi des artifices qui modifient l’apparence et le comportement.

Ne devrait-on pas lors de la projection de films truffés spéciaux indiquer que cela n’est pas possible dans la vraie vie ?

Et la jugeote, non ? Ah, ça on ne l‘apprend plus ! Alors au lieu de former des gogos prêts à avaler n’importe quoi, ne vaudrait-il mieux pas apprendre dès le plus jeune âge à lire et décrypter les images devenues notre paysage quotidien ?

Alain Bonnet

Blogs et responsabilité

Mercredi 24 juin 2009

Nous avons souvent parlé de dérives constatées sur certains blogs, notamment lors des récentes élections, présidentielles puis municipales. Force est de reconnaître que, la fièvre électorale étant retombée, beaucoup de ces blogs ont disparu, au mieux, ont été laissés dans l’état. Mais on aurait tort de limiter ce média à ce type d’évènement. Tentons une classification en vue d’examiner le domaine des responsabilités.

Nous pourrions ainsi définir :

  • les blogs d’entreprises : une rubrique dans le site ou un média séparé du site généralement destiné aux contacts professionnels (clients, fournisseurs, etc). La communication y est plus « souple ».
  • les rubriques blogs sur les sites d’information où des journalistes ou des professionnels publient des articles ou des billets. Il y a aussi dans cette catégorie les blogs spécialisés (environnement, justice, NTIC, etc).
  • les blogs de particuliers créés et hébergés sur des plates-formes spécialisées.

Hors du domaine des particuliers, l’instigateur d’un blog « professionnel » devra définir le but et analyser les risques.

La responsabilité se scinde alors en deux parties :

  • responsabilité du site exploitant ou hébergeant le blog
  • responsabilité du blogueur.

L’exploitant du blog a une responsabilité éditoriale : il est responsable du contenu publié. Sa responsabilité peut être engagée dans le cas de diffamation, de contrefaçon, etc.

Quand le contenu est publié par des contributeurs sans modération, sans sélection des contenus, l’hébergeur sera alors considéré comme l’exploitant du blog. L’hébergeur n’est pas soumis à une surveillance du contenu mis en ligne par des tiers. Nonobstant, sa responsabilité peut être mise en jeu pour des publications manifestement illicites ou dans le cas où, suite au signalement d’un contenu illicite, l’hébergeur n’aura pas agi assez rapidement pour couper l’accès à ce contenu ; sa responsabilité peut aussi être mise en cause dans le cas où tous les moyens d’identification de tiers n’auraient pas été mis en œuvre.

Cependant, lorsqu’il est hébergeur de contenu, l’exploitant de la plate-forme ou de la rubrique blog, peut se retourner lorsqu’il est mis en cause vers le blogueur considéré alors comme l’éditeur du contenu.

Par exemple, les salariés d’une entreprise qui s’expriment sur le blog de celle-ci, sont tenus de respecter les règles du droit du travail. D’une manière plus générale, tout contributeur se verra appliquer les règles de la responsabilité civile (diffamation, injure, etc).

Encore une fois, nous déplorons le fait que, principalement sur les blogs de particuliers, l’anonymat ou l’usage de pseudos ne soit pas interdit par une loi. La liberté d’expression oui, mais à condition de signer !

En marge de cet article, une enquête auprès des lecteurs du Journal du Net sur le thème « Les blogueurs vous influencent-ils ? »

HADOPI adoptée ?

Samedi 30 mai 2009

Ce sigle aurait pu passer inaperçu, mais voilà, les péripéties concernant le vote de cette loi font les unes de la presse.

Que veut dire HADOPI ? HADOPI, c’est Haute Autorité pour la Diffusion des Œuvres et la Protection des droits sur Internet. Le projet de loi « Création et Internet » prévoit en effet de créer cette autorité publique indépendante pour assurer le suivi de l’interopérabilité des dispositifs de DRM (gestion des droits numériques), pour étudier la question des droits d’auteur (téléchargement, site de vente, etc) et surveiller les droits d’auteurs sur Internet.

C’est elle qui gèrerait la fameuse « réponse graduée ». Que prévoit cette « réponse graduée » ? A l’encontre d’un internaute s’adonnant au téléchargement illégal, serait mis en œuvre le processus suivant :

  • première étape (préventive) : un courrier d’avertissement par e-mail
  • seconde étape (préventive et si la première étape n’a pas été suivie de fait) : un courrier d’avertissement par lettre recommandée
  • troisième étape (répressive) : la suspension de l’abonnement à Internet durant une période de 3 mois à un an avec interdiction de se réabonner durant cette période.

Cette loi a d’abord été rejetée à l’Assemblée Nationale dans les circonstances que vous connaissez : les députés de la majorité étaient trop peu nombreux… Puis elle a été représentée au vote où elle a cette fois été adoptée. Elle a aussi été récemment adoptée au Sénat (voir les réactions sur ZDNet.fr). De leur côté, les députés européens ont voté un amendement stipulant que l’accès à Internet est un droit fondamental et que la coupure de son accès ne peut être stipulé que par un juge alors que la loi française prévoit une coupure « administrative ».

Bref, un imbroglio juridique, une vraie usine à gaz comme savent si bien le faire nos représentants aux diverses assemblées, et dont les connaissances techniques et pratiques de l’Internet sont parfois quelque peu douteuses

Car en fait de quoi s’agit-il ? Tout le monde le sait, le téléchargement illégal est, comme son nom l’indique, illégal ! Il consiste à copier sur son ordinateur des œuvres (film, musique, etc.) depuis des sites de « partage » et ce, sans rémunérer les auteurs de ces œuvres. Pour être repéré, il faut déjà être un fan du téléchargement ! Cela veut dire ordinateur allumé pendant des heures, connecté sur un site de partage, avec les risques que cela comporte (chargement de programmes espions, de virus). Et c’est là qu’intervient, si vous êtes repéré, la réponse graduée : deux avertissements avant la coupure. Certains ont parlé de mesure liberticide. Pourtant, quand vous faites un excès de vitesse, on ne vous dit pas « c’est la première fois, faites attention à présent » ; la sanction tombe de suite : amende et retrait de points sur le permis.

Certains députés ont d’ailleurs proposé à la place de la coupure d’accès à Internet, une amende, ce à quoi certaines âmes bien pensantes ont prétendu que c’était inégalitaire ! On croit rêver : et copier illégalement des musiques et des films, c’est quoi ?

Certains ont fustigé cette procédure qui consiste à couper l’accès à Internet : par la faute d‘une personne dans un foyer, toute la famille peut être privée de ce média.

D’autres ont soulevé le cas des connexions Wifi. Par exemple, votre voisin se connecte à Internet par votre réseau Wifi. Si votre voisin télécharge illégalement, c’est votre adresse IP qui sera repérée et vous qui serez sanctionné !

D’autres ont proposé une licence globale : on ajoute un forfait annuel sur le coût de sa connexion Internet pour rémunérer les auteurs et l’on peut télécharger ce que l’on veut gratuitement. Personnellement, je préfère continuer à acheter mes Cd-Audio ou mes DVD (bientôt mes BluRay) et je ne veux pas que me soit imposé une « taxe » qui viendra s’ajouter à celle que l’on paie déjà sur les supports enregistrables justement pour les droits de copie (disque durs, clés USB, cartes mémoires, etc.).

D’autant plus que je n’ai pas du tout envie de laisser tourner un ordinateur pour télécharger pendant trois jours la dernière superproduction hollywoodienne. Et les bénéfices de cette taxe, comment seront-ils redistribués aux artistes ? Comme sera faite la répartition ?

Alors efficace HADOPI ? Certainement pas, car les moyens techniques pour ne pas se faire repérer existent déjà : réseau privé, cryptage, etc. D’autre part, est-ce que cette Haute Autorité aura les moyens de traiter des centaines de dossiers par jour ? Continuer à payer l’abonnement d’accès à Internet alors que celui-ci est suspendu ? C’est une double peine. Et mieux encore, la loi Davdsi prévoit une amende de 30 € et 5 ans de prison pour les pirates : triple peine. Que va dire le Conseil Constitutionnel ? Enfin, les fournisseurs d’accès à Internet ne savent pas couper uniquement Internet dans une offre multiplay (Internet + téléphone + télévision).

Ne l’oublions pas, il s’agit à l’origine de protéger les créateurs et de leur assurer des revenus. J’ai bien dit les créateurs, pas forcément les majors, les distributeurs, etc. Il est d’ailleurs intéressant de noter que certains artistes ont innové dans le mode de diffusion de leurs œuvres : RadioHead a proposé son dernier album en téléchargement avant sa sortie officielle dans les bacs des disquaires, Grégoire a pu produire son disque grâce aux dons des internautes, etc.

En conclusion, je ne suis pas opposé au fait que les pirates soient punis à condition que soit identifié le contrevenant effectif. N’oublions pas que nous sommes en démocratie et qu’il y a des règles qui organisent la liberté de chacun : les lois doivent être respectées et les pratiques illégales sanctionnées. Mais les lois doivent aussi être applicables ! Et pour qu’elles soient pertinentes, encore faut-il qu’elles soient écrites par des personnes qui connaissent le sujet. Ce n’est pas parce que l’on sait manipuler le mulot qu’on sait forcément ce qu’est un réseau peer-to-peer ou une adresse IP !

Alain Bonnet

Pour savoir comment ça se passe dans d’autre pays : un article de Rue 89.

Je ne suis pas de bonne humeur

Vendredi 20 février 2009

Vous connaissez sans doute des plates-formes BtoB dont le but est de mettre en relation fournisseurs et acheteurs. Les services de ces sites sont souvent payants ce qui peut sembler normal. Certains perçoivent une commission sur le CA généré, d’autres font payer un forfait pour obtenir les coordonnées d’un « acheteur ».

Début janvier, une de ces plates-formes nous a proposé à titre d’essai d’obtenir les coordonnées d’une société de la région toulousaine dont le besoin était la création d’un logo et d’une charte graphique. Nous contactons la personne en charge de ce marché pour divers renseignements complémentaires. 4 autres sociétés ont été sélectionnées. Nous remettons notre offre puis… plus rien.

Fin janvier, une commerciale de ce site BtoB nous contacte par mail pour nous demander notre avis sur cet essai de mise en relation. Consciencieusement, je relance par téléphone la responsable de cette société toulousaine qui avait émis ce besoin de créations graphiques.

Réponse : « nous avons confié le travail à des étudiants en communication ». Cette franchise totalement désarmante, preuve d’une inconscience de haut niveau, me laisse effectivement désarmé. Je peux concevoir qu’en ces temps de (soi-disant) « crise », les budgets soient serrés. Mais tout de même. Cette société devrait être sensible au fait qu’elle a ainsi enlevé à nous ou tout au moins, à la société qui aurait été sélectionnée, une part de son CA. Cette société devrait y être d’autant plus sensible qu’elle conçoit et édite des logiciels dont on sait que la plus grande plaie est le piratage !

Quant aux étudiants, peut être pas totalement conscients des difficultés du monde du travail, on ne peut pas totalement les blâmer. Il aurait été intéressant de savoir si cette « main d’œuvre » gratuite a été avalisée par les responsables de cette école en communication…

Nous avions dans un précédent éditorial dit tout le mal que nous pensions du « travail gratuit » (« Tout ce qui est gratuit vaut le prix que vous l’avez payé ») et de l’utilisation des stagiaires au sein de certaines sociétés qui n’hésitent pas à passer des annonces du type : « Cherchons stagiaire pour 2 mois pour le développement d’un site internet. »

De cette aventure nous tirons 3 conclusions :

  • 1 – Malgré le but louable de mise en relation entre acheteurs et fournisseurs de ces plates-formes BtoB, malgré la vérification effective du besoin de l’acheteur et de la cohérence de son budget, il ne leur est pas possible d’imposer à l’acheteur de choisir parmi un des postulants qui a passé du temps à établir une proposition.
  • 2 – La facilité de déposer une demande sur ces sites BtoB, incitent certains responsables d’entreprises à multiplier ces demandes, juste parfois pour voir si leur prestataire habituel reste budgétairement « dans les clous ».
  • 3 – La loi impose à présent de payer les stagiaires si la durée de leur stage en entreprise dépasse 3 mois. Il faudrait qu’ils soient payés dès le premier jour de présence en entreprise pour maintenir une concurrence saine.

Autre sujet : un article paru dans le quotidien régional fait état des pratiques de certaines sociétés qui osent se prétendre web-agencies. : « Signez ici, ça ne vous coûtera que 300 € par mois ». Et devant la force commerciale qui bien sûr choisit bien ses cibles (artisans, commerçants en particulier), le dirigeant de cette petite structure signe sans demander « combien de mois ? ». Car c’est là le problème : les engagements sont de plusieurs années, ce qui porte le coût d’un site internet « basique » à des sommes dépassant largement les moyennes de ce type de prestation ! Une association de victimes de ces pratiques s’est constituée : http://www.adcapi.fr/. Instructif. Encore une fois, ce sont des prestations qui échappent à des agences sérieuses dont le rôle de conseil est d’autant plus important face à une clientèle, qui par ses horaires nettement au dessus des 35 heures, n’a pas toujours le temps de se tenir informé des dernières avancées technologiques en la matière.

Concurrence déloyale et escroquerie contribuent à retirer des marchés à des agences comme Prodiris. Alors bien sûr, les sommes mises en jeu ne sont pas énormes. Est-ce une raison suffisante pour que les pouvoirs publics laissent faire ?

Alain Bonnet

Non à la privatisation de l’Emailing

Lundi 15 décembre 2008

Nous en avions aussi parlé dans une précédente newsletter. Une société française a profité d’un moment d’inadvertance de l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) pour déposer le terme emailing comme marque communautaire et mondiale (hors USA et Canada).

Ainsi, il n’est plus possible d’utiliser le mot « emailing » pour les actions de prospection et de fidélisation pour messagerie électronique sauf à rétribuer la société détentrice de ce terme. Le mot emailing n’est donc plus disponible dans Google Adwords (liens sponsorisés). Pire, cette société envisage de faire payer une licence pour l’utilisation de ce mot-clè dans près de 20 millions de pages web…

Une pétition a donc été lancée auprès de professionnels pour attester que ce terme existe depuis plus de 10 ans et qu’il est donc impossible qu’il soit la propriété d’une société.

Non à la privatisation de l'emailing

Wizzgo condamné

Lundi 15 décembre 2008

Nous en avions parlé dans une précédente Lettre P : Wizzgo est un magnétoscope numérique en ligne. Après inscription vous pouviez programmer l’enregistrement d’une émission télé. Certaines chaînes de télévision ont porté plainte pour contrefaçon et pour copies illégales. Wizzgo devant les lourdes sanctions financières infligées a interrompu ce service. Sur le blog de Wizzgo, un des co-fondateurs de cette société innovante déclare : « Compte tenu de l’exceptionnelle importance de la condamnation qui nous est infligée – près de 500 000 euros de dommages et intérêts pour le seul groupe M6 – , il apparaît qu’au-delà d’une décision de principe qui interdit désormais l’usage d’un magnétoscope dématérialisé, ce jugement affirme clairement la volonté de mettre un terme à Wizzgo.

Dans ces conditions, nous sommes contraints de suspendre dès aujourd’hui notre service de magnétoscope en ligne.
Nous regrettons l’inertie ou l’hypocrisie des principaux acteurs du secteur audiovisuel, restés sourds à nos propositions de rémunération des ayants-droit. Ils prétendent souhaiter l’émergence de nouvelles offres légales mais dans les faits bloquent toute initiative de modèle innovant permettant d’avancer dans ce sens.

En refusant l’évolution naturelle du magnétoscope classique dans l’environnement numérique, cette décision aura malheureusement pour conséquence concrète de souffler sur les braises du téléchargement illégal. ».
Wizzgo a lancé une pétition en ligne, elle a déjà recueilli près de 70 000 signatures.

Wizzgo

E-Normes

Mercredi 12 novembre 2008

N’importe qui peut construire un site internet : des logiciels à bas coût permettent de mettre en ligne des pages web ; on peut même, depuis Word, exporter ses documents au format HTML.

Nous n’abordons là que le côté technique et laissons volontairement de côté l’aspect visuel, l’approche marketing, le référencement, le suivi, les mises à jour, la maintenance, etc.

Que des pages soient visibles sur la toile est donc relativement facile mais ce n’est malheureusement pas suffisant. En effet, pour assurer, entre autre, un affichage correct dans les différents navigateurs internet (Internet Explorer, Firefox, Opéra, etc) et ce, quelque soit le matériel, les pages web doivent répondre à certains critères. Ces critères sont définis par le W3C, consortium international de définition des normes appliquées aux pages web.

Cet organisme met à disposition des webmasters des outils de validation des pages : HTML Validator pour évaluer la syntaxe HTML (en gros la structure de la page et la hiérarchisation du contenu textuel), CSS Validator pour vérifier la syntaxe des feuilles de style (ce sont elles qui conditionnent la mise en page, les enrichissements typographiques et le design du site).

Comme vous pouvez le constater, il y a donc une séparation entre le contenu de page et sa mise en forme graphique. Cela permet, entre autre, de :

  • rendre les pages compréhensibles par les transcripteurs de pages utilisés par les personnes handicapées (synthétiseurs vocaux pour les malvoyants notamment),
  • faciliter l’indexation des pages d’un site dans les bases de données d’un moteur de recherche.

Par ailleurs, un respect des normes procure un affichage beaucoup plus rapide des pages comparé aux techniques de création des années 90. Ainsi est assurée une multi-compatibilité de vos documents sur la toile.

Il nous est venu l’idée… saugrenue il est vrai, de tester les pages d’accueil des agences de communication et de web-agencies de la région toulousaine. Grosse surprise : parmi les 20 que nous avons testées, aucune n’est valide pour le HTML et pour les CSS ! Seule, notre agence peut prétendre à ce titre. Voici ci-dessous les captures d’écran qui valident la page d’accueil de notre site internet.

Validation HTML

Validation HTML

Validation CSS

Validation CSS

Parmi les sociétés dont nous avons testé la validité de la page d’accueil, il est encore plus curieux de voir que certaines revendiquent être « conforme aux standards du W3C » tandis qu’une autre propose parmi ses prestations l’ « audit de sites internet » ! Cette dernière comporte, rien que pour la page d’accueil, plus de 1 000 erreurs en HTML !!! Capture d’écran ci-dessous.

Non valide HTML

Sur 20 sites testés, 3 sont valides côtés HTML, 10 sont valides côtés CSS, mais aucun n’est valide HTML ET CSS. Sauf celui de Prodiris ! Et bien entendu de tous les sites réalisés par l’agence Prodiris depuis octobre 2007.

Aucune loi n’impose de respecter ces normes. Mais alors pourquoi un sérieux organisme comme le W3C les éditerait ? Il est évident que ces normes sont très contraignantes non pas sur les facilités de mise en page, ni même sur la création, mais sur la syntaxe et sur l’emploi des « balises », bases du langage HTML, et décryptées par les navigateurs internet pour afficher les pages créées. Aucune balise ne peut être détournée de sa fonction comme cela a été par exemple le cas avec les pages visuellement structurées avec des tableaux ; un tableau est uniquement fait pour des données tabulées et rien d’autre !

Nous nous imposons de respecter strictement ces normes car nous considérons que c’est aussi respecter le client en lui proposant un produit techniquement irréprochable qui pourra faire parti sans aucune restriction, de son plan de communication.

Alain Bonnet

Validation HTML : http://validator.w3.org/,
Validation CSS : http://jigsaw.w3.org/css-validator/.

Le Web 2.0 au menu du Parlement européen

Mercredi 17 septembre 2008

La Commission de la culture du Parlement européen envisage une législation pour protéger la vie privée des citoyens et les droits d’auteur sur le Web 2.0.

Un rapport de la députée estonienne Marianne Mikko pointe du doigt les blogs et les contenus générés par les internautes. Elle juge que cela manque de transparence et se pose la question suivante : « comment juger la fiabilité, l’impartialité de propos diffusés sur le web si l’on ne sait pas qui est l’auteur ? ». Plusieurs fois, nous avons abordés ce thème dans nos précédentes Lettre P en nous insurgeant contre l’anonymat qui préside dans certains de ces médias (pas tous, certains sont signés et l’on peut même y lire un CV de l’auteur).

L’objectif de la Commission est de mettre en place des parades qui pourraient être mises à profit en cas de poursuites ou d’utilisation d’un droit de réponse : par exemple l’obligation de décliner son identité lors de l’ouverture d’un blog.

Inutile de vous dire que ce rapport n’est pas du tout du goût des bloggeurs ! Des bloggeurs anonymes, bien évidemment Et certains d’évoquer que l’anonymat permet d’éviter des représailles dans certains cas : monde du travail, terrorisme par exemple. D’autres disent : « en ce moment la tendance est à légiférer sur tout et à tout interdire ». Il ne s’agit pas d’interdire, mais de savoir qui écrit, quelles sont ses qualités pour aborder tel ou tel sujet et ainsi, pour le lecteur de prêter ou non quelques crédits aux idées exprimées.

Ce rapport qui, rappelons-le, n’est pour l’instant qu’une note d’intention, vise à apporter à ces médias une « marque de qualité, de révéler qui écrit réellement et pourquoi ». Ce n’est en rien liberticide.

La démocratie organise la liberté de chacun. Chacun est libre de s’exprimer, mais à visage découvert et non derrière un pseudo. Sinon, ce n’est plus la démocratie.

Alain Bonnet

Le site du Parlement Européen
Le projet de rapport de Marianne Mikko

La fin du journalisme amateur sur le web ?

Lundi 7 avril 2008

Comme le laissait présager la campagne pour l’élection présidentielle, et malgré des enjeux locaux, Internet a été un acteur important de la campagne des municipales.

Les blogs des candidats ont évidemment été en première ligne ; de qualité et de contenu variables ; pré-formatés par les services centraux des partis politiques ou utilisant des plates-formes communautaires de création de blogs. Pour ces derniers, coincés par les présentations proposées, le pire a souvent côtoyé… le pire ! Alors évidement, ce qui compte c’est le contenu et non la forme. Ah bon ? Et que diriez-vous d’un journal, d’une revue ou d’un livre mal imprimé ? L’achèteriez-vous ? Mais il est vrai que dans ce cas, c’est gratuit !

A côté des blogs « officiels » des candidats, sont apparus des blogs prétendus citoyens. Alors là, on se lâche ! Certains frisent la diffamation, l’atteinte à la vie privée ou tout simplement le colportage de ragots et la désinformation.
N’est pas journaliste qui veut ! Un journaliste, normalement, vérifie ses sources : il a les moyens de les vérifier ; il signe ses articles de son nom. Monsieur « Toulemonde » qui pianote depuis son salon en se délectant de la dernière vilenie colportée, souvent inventée, sur telle ou telle personne de la sphère politique locale n’a pas ces moyens. Et quand bien même il les aurait, il ne lui vient pas à l’idée que ce n’est peut-être pas l’exacte vérité. Mais qu’importe, puisque c’est écrit sous le couvert d’un « pseudo ». Intouchable donc !

Intouchable, dites-vous ? Pas tant que ça. Nous avons vu l’exemple d’un blog « citoyen » au contenu pour le moins subversif qui, un beau matin, n’était plus accessible. Et ne l’est toujours pas. En effet, vous l’aurez sans doute remarqué, mais certaines plates-formes de création de blogs, proposent en dessous des articles, un lien permettant de signaler un contenu abusif. Ce lien peut prendre différentes appellations : signaler un abus, alerter, signaler ce blog, etc. Il semblerait que ces « alertes » soient parfois prises en compte. Cela n’empêche cependant pas le bloggeur indélicat, dangereux virtuose de la rumeur, de recommencer sous un autre pseudo !

Même au sommet de l’Etat, on s’inquiète de la prolifération d’informations de toute nature diffusées sur les blogs. A tel point qu’un Monsieur « veille Internet » a été nommé pour surveiller ce qui circule sur la toile au sujet du président de la République: blogs, sites d’information, vidéos…

Ce qui, au départ avait été conçu comme un lieu d’échange, est devenu, aux yeux des auteurs, un espace d’influence. Du moins le croient-ils.

D’autre part, au vu des condamnations des hébergeurs, au prétexte qu’ils hébergent des sites aux contenus illégaux, mais dont ils ne sont pas les auteurs, il serait bienvenu que les autorités judiciaires se penchent sur ce problème de l’hébergement de « blogs citoyens ».

Dernièrement, un site a été condamné par le Tribunal de Commerce de Paris pour atteinte à la vie privée : ce site contenait un lien vers un blog sur les célébrités (les people !) évoquant une relation entre un acteur et une chanteuse. « Non, ce site ne peut pas se réfugier dans son rôle de simple hébergeur pour se dispenser de toute responsabilité éditoriale ». Mauvaise nouvelle pour les internautes amateurs de potins ! Il est vrai que cette décision est tout de même surprenante : c’est comme si l’on condamnait un libraire parce qu’il a en vitrine des revues qui portent atteinte aux bonnes mœurs.

Peut-être eut-il été plus logique d’imposer par la loi que l’identité véritable des auteurs soit accessible à tous les lecteurs, avec leurs coordonnées. Les personnes impliquées dans les articles pourraient ainsi contacter directement l’auteur. Et peut-être aussi que ces « journaleux » à la plume alerte quand ils sont anonymes réfléchiraient à deux fois avant d’écrire. Cela est déjà le cas pour les sites Internet par le biais des mentions légales. Pourquoi pas pour les blogs ? Ce serait imposer un début de civilisation dans la jungle des blogs.

Heureusement, Internet n’est pas que cette bouillie verbale infâme. C’est aussi un outil incontournable de communication, une encyclopédie géante, un moyen d’évasion et de culture dont nous essayons chaque mois, dans la Lettre P, de vous donnez un aperçu.

Alain Bonnet

Liens :

Base de données de la jurisprudence sur les blogs et Internet : Legalis
Veille juridique sur le web : Le Forum des Droits sur l’Internet
Un article intéressant sur les blogs et la jurisprudence : MEDIAF